IngĂ©nierie & StratĂ©gie SEO ⏱ 7 min de lecture ‱ 21 avril 2025

La solitude du freelance : personne n’en parle, mais tout le monde la vit ! – Light Agency

llustration d'une femme freelance travaillant seule sur son ordinateur, l'air fatigué et pensif, symbolisant la solitude du travail indépendant.

On vous a vendu la libertĂ©. La flexibilitĂ©. Le « travailler oĂč vous voulez, quand vous voulez». Mais ce qu’on a oubliĂ© de vous dire, c’est que parfois, cette libertĂ©-là
 elle pĂšse. Parce qu’entre deux missions, entre deux visios, entre deux fichiers Ă  rendre, il y a vous. Seul face Ă  l’écran. Seul avec vos doutes. Seul avec votre solitude.

Et de temps en temps, cela crĂ©e un vide. Pas de collĂšgues pour Ă©changer, pour rĂąler, pour dĂ©briefer un client pas facile. Pas de cadre extĂ©rieur pour rythmer vos journĂ©es. Et quand vous avez un petit ou gros coup de mou ? Il n’y a pas de RH, pas de « pause café», pas de main sur l’épaule.

La solitude en freelance, ce n’est pas un mythe, c’est un vrai sujet. Le pire, c’est que le sujet est rarement Ă©voquĂ© ou trop tard. Alors, mettons les choses Ă  plat. Sans tabou. Sans dramatiser non plus. Juste en vrai.

Ce que personne ne dit : travailler seul, ce n’est pas toujours un luxe !

Quand un freelance dĂ©marre son activitĂ©, il parle, la plupart du temps, beaucoup de sa libertĂ©. Pas de hiĂ©rarchie, pas de rĂ©unions inutiles, pas de collĂšgues bruyants. Et c’est vrai : il y a un vrai plaisir Ă  reprendre le contrĂŽle sur son emploi du temps.

Assez vite, une autre chose s’installe cependant. Plus discret. Plus sournois : le silence. Pas celui que vous savourez pour vous concentrer. Celui qui s’étire, qui s’installe et qui finit gĂ©nĂ©ralement par vous faire vous demander :
« Est-ce que je suis le seul à galérer ? Est-ce que ce que je fais a du sens ? Est-ce que je suis à cÎté de la plaque ? »

Parce que quand nous travaillons seuls, nous n’avons pas de miroir. Pas de regard extĂ©rieur, pas de retour spontanĂ©. Et petit Ă  petit, nous gardons tout pour nous : les petites victoires, les Ă©checs, les doutes. Et plus personne ne voit vraiment ce que vous vivez. MĂȘme ceux vous aimant ne comprennent pas toujours. Parce que, vu de l’extĂ©rieur, vous ĂȘtes « chez vous », « Ă  votre compte », « libre ». Alors, vous souriez. Vous rĂ©pondez « ça va », mĂȘme quand ce n’est pas vrai. Mais Ă  force de tout porter seul, vous vous Ă©loignez. Des autres. De votre Ă©nergie. Parfois mĂȘme de vous-mĂȘme.

La charge mentale cachĂ©e : tout repose sur vous (et personne ne le voit) !

En tant qu’indĂ©pendant, nous ne vendons pas juste du temps ou des compĂ©tences. Nous pilotons tout. La prospection, les devis, la facturation, le contenu, les suivis, les relances, la stratĂ©gie, les imprĂ©vus
 Et il n’y a personne pour valider vos choix. Personne pour trancher. Personne pour dire « bonne idĂ©e » ou « on verra demain ». Vous ĂȘtes Ă  la fois le moteur, le GPS ainsi que la carrosserie. Et certains jours, tout roule. Mais d’autres, tout clignote et vous continuez quand mĂȘme. Parce qu’il le faut !

Le problĂšme, ce n’est pas que ce soit dur. C’est que c’est invisible. MĂȘme pour les proches. Parce que de l’extĂ©rieur, les gens vous voient chez vous, « libre », « tranquille ». Ils ne se rendent pas compte que votre cerveau bouillonne en permanence, mĂȘme le soir.
Les courriels que vous relisez trois fois avant d’oser cliquer sur « envoyer ». Les dĂ©cisions que vous prenez seul, avec cette petite voix doutant toujours un peu. Et c’est cela, la vraie fatigue : celle de ne jamais poser ce que vous portez. Pas parce que vous en ĂȘtes incapable. Mais parce que dans ce mode de travail, tout part de vous. Et parfois, cela fait trop.

Quand la solitude s’installe, elle ne prĂ©vient pas !

Le plus sournois dans cette solitude, c’est qu’elle ne fait pas de bruit. Elle ne frappe pas à la porte un matin avec une grosse alarme. Elle s’installe doucement. Par petites touches. 

Un jour, vous vous rendez compte que vous ne parlez Ă  personne entre 9 h et 18 h. Un autre, que vous passez vos pauses Ă  scroller, parce que personne ne vous appelle. Et puis, sans trop savoir pourquoi, vous commencez Ă  perdre le goĂ»t. À remettre tout en question :

  • vous livrez, mais sans Ă©lan ;
  • vous avancez, mais sans envie ;
  • vous rĂ©ussissez, mais en vous sentant seul au sommet.

Et ce n’est pas un drame hollywoodien. C’est juste une usure lente. Quelque chose qui vous ronge de l’intĂ©rieur et que vous ne savez pas forcĂ©ment nommer. Le pire ? C’est qu’en freelance, vous pouvez ĂȘtre trĂšs entourĂ© en ligne et quand mĂȘme trĂšs seul. Des likes, des commentaires, des visios, mais pas de vraies discussions. Pas de vraies connexions. Et cela finit par peser, mĂȘme si vous ne l’admettez pas tout de suite.

Alors non, ce n’est pas une « faiblesse ». Ce n’est pas un « manque d’organisation » ou une question de mental. C’est juste une rĂ©alitĂ© que vous avez intĂ©rĂȘt Ă  reconnaĂźtre avant qu’elle prenne trop de place.

Comment y faire face, concrĂštement ?

La solitude ne se supprime pas d’un coup. Mais vous pouvez Ă©viter qu’elle prenne toute la place. Et non, il ne s’agit pas juste de « sortir prendre l’air » ou de « faire un afterwork ». Il faut crĂ©er des repĂšres. Des vrais :

  • crĂ©ez du lien, mĂȘme sans parler travail. Trouvez une ou deux personnes avec qui Ă©changer, rĂ©guliĂšrement. Pas forcĂ©ment d’autres freelances. Juste des gens avec qui vous pouvez ĂȘtre vrai, sans filtre. Parfois, une conversation de 10 minutes suffit Ă  recharger la batterie mentale ;
  • mettez du rythme dans vos journĂ©es. Pas besoin d’un emploi du temps militaire. Donnez-vous cependant des points d’ancrage : une heure de dĂ©but, une vraie pause dĂ©jeuner, une fin de journĂ©e claire. Le flou renforce l’isolement. Le cadre le rĂ©duit ;
  • parlez de ce que vous vivez ! Ă€ voix haute, Ă  l’écrit, Ă  quelqu’un
 mais ne gardez pas tout en vous. Nommer ce que vous ressentez, c’est dĂ©jĂ  reprendre la main dessus. Et souvent, vous verrez que vous n’ĂȘtes pas seul Ă  le vivre ;
  • ne confondez pas rĂ©seau et lien social. Être actif sur LinkedIn ou en visio pro, ce n’est pas la mĂȘme chose qu’échanger pour de vrai. Faites la diffĂ©rence. Et cultivez les deux. Le rĂ©seau, c’est utile. Le lien, c’est vital.

La solitude ne fait pas de vous un mauvais freelance, soyez-en convaincu ! ĂŠtre freelance, c’est faire le choix de l’indĂ©pendance. Mais ce choix ne devrait jamais rimer avec isolement permanent. La solitude n’est pas un signe de faiblesse. Elle n’est pas la preuve que “vous n’ĂȘtes pas fait pour cela”. C’est juste une facette du mĂ©tier qu’on oublie souvent de nommer.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez y faire face. Pas en forçant, pas en jouant Ă  faire semblant, mais en crĂ©ant du lien, du cadre et un peu de douceur dans ce quotidien exigeant. Prenez soin de vous comme vous prenez soin de votre activitĂ©. Parce qu’au final, c’est vous, l’élĂ©ment central de votre rĂ©ussite.

← Retour Ă  l'ensemble des Ă©crits